samedi 5 novembre 2016

Les gargouillis et autres glouglous du ventre

http://sante.journaldesfemmes.com/maux-quotidien/


Article publié le 08/04/10 15:50
Les bruits du ventre sont parfois désagréables, mais rarement pathologiques. © Gabriel Blaj - Fotolia.com
Lorsqu'on a faim, lorsqu'on digère, lorsqu'on stresse, le ventre peut parfois être bruyant jusqu'à en être gênant. Pourtant, ces bruits de l'appareil digestif sont totalement naturels ! Et plus il est vide, donc rempli d'air, plus les bruits sont importants. Car c'est bien l'air qui est responsable des bruits du ventre. L'appareil digestif est un ensemble d'organes très actifs : ils se contractent et se décontractent pendant la digestion, faisant circuler l'air présent ou créé lors de la fermentation.

L'estomac d'abord

L'estomac est le premier organe de la digestion. Lorsque vous ingérez des aliments, ils arrivent dans l'estomac qui est une poche remplie d'air quand elle ne contient pas d'aliment. Mais en mangeant, on avale aussi de l'air, qui peut ressortir (les rots). Les rots sont parfois précédés de bruits "glouglou" qui sont en fait dus à la remontée de l'air depuis l'estomac.

Les contractions de l'instestin

Une fois la digestion démarrée, l'estomac vide son air dans l'intestin, ce qui est aussi source de bruit et de remontées d'air. L'intestin est un organe replié sur lui-même, long (jusqu'à 6 mètres) et qui se contracte régulièrement pour faire descendre les aliments jusqu'au rectum. Les nombreux mouvements de l'intestin sont source de bruits dus aux liquides et poches d'air qu'il contient. Lorsque les aliments arrivent dans l'intestin, ils sont à un stade de la digestion relativement avancé avec généralement fermentation. La fermentation implique l'émission de gaz et donc d'air dans les intestins. Les bruits qui proviennent du bas ventre sont généralement issus de cette fermentation lorsque vous avez, par exemple, mangé des pommes de terre ou du chou.

Les bruits du ventre sont donc un phénomène naturel. En cas d'absence totale ou d'augmentation de ces bruits, cela peut dénoter un problème. Mais généralement, comme le cœur qui bat, la digestion est aussi une des activités indispensables au corps et nécessite quelques bruits.

Maladie de Crohn

http://pilule.telequebec.tv/


ÉMISSION DU 3 MARS 2011









On parle très peu de la maladie de Crohn. Elle affecte pourtant 27 000 personnes au Québec, dont environ 11 000 jeunes de moins de 25 ans. Le nombre de cas est en constante augmentation, sans qu’on sache vraiment pourquoi.
La maladie de Crohn fait partie de ces maladies mystérieuses dont on ne connaît pas encore la cause. Ce qu’on sait par contre, c’est qu’elle a un impact considérable sur la vie des gens qui en sont atteints.
Une insupportable maladie
Pendant plus de quinze ans, la vie d’André Bathalon a été profondément minée par la maladie de Crohn. Étant donné qu’il s’agit d’une maladie qui provoque de violentes crampes intestinales et d’urgents besoins d’aller à la selle, André était continuellement préoccupé par l’idée de pouvoir accéder facilement et rapidement à une salle de bain.
Stéphanie Robillard-Sarganis est elle aussi affligée de la même maladie depuis l’âge de 19 ans : «Quand je suis en crise, je peux aller de 10 à 15 fois à la selle par jour, explique-t-elle, sans compter les vomissements. C’est comme si j’étais en gastro pendant deux, trois ou quatre semaines.» Au cours de ces crises, elle perd beaucoup de poids, assimile mal les vitamines et doit demeurer au lit.
Maladie méconnue, la maladie de Crohn n’est pas toujours facile à identifier, car elle peut être confondue avec la colite ulcéreuse. Gastroentérologue à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, le Dr Louis-Charles Rioux la décrit en ces termes : «La maladie de Crohn, c’est une maladie intestinale chronique inflammatoire qui va toucher la muqueuse de l’intestin, mais à différents segments du tube digestif. C’est une inflammation des parois de l’intestin. Elle va surtout se trouver au niveau de la fin du petit intestin et du début du gros intestin, ce qu’on appelle la maladie iléo-colique, mais on peut la retrouver également dans différents segments du tube digestif, dont le colon, le rectum, le petit intestin. On en retrouve même au niveau de l’estomac et même des fois au niveau de l’œsophage.»
La maladie de Crohn touche surtout les jeunes, poursuit le Dr Rioux. «Quand on regarde les courbes au point de vue distribution épidémiologique, ce qu’on retrouve, c’est des jeunes qui vont surtout être atteints entre 20 et 30 ans. C’est le pic d’incidence.»
Le stress, facteur aggravant
Pour André Bathalon, la maladie a commencé à l’âge de 15 ans. Au départ, les crampes pouvaient être espacées, mais les crises sont rapidement devenues plus intenses avec des crampes beaucoup plus fréquentes. Peu à peu, il a commencé à s’isoler, à demeurer à la maison et à moins manger. À 15 ans, il pesait à peine 85 livres.
Vivre avec la maladie de Crohn, c’est aussi devoir composer avec des crises qui peuvent survenir à n’importe quel moment. Dans un tel contexte, l’organisation de la moindre activité devient problématique. Pour Stéphanie Robillard-Sarganis, c’est un casse-tête quotidien : «Prendre le métro, c’est extrêmement stressant, explique-t-elle, parce que tu ne sais jamais quand tu vas être en crise. Ça peut arriver comme ça. Si tu es dans le métro et que tu as une envie soudaine, tu ne peux pas te retenir. Tu es pris dans le métro, tu n’as aucune issue et c’est vraiment paniquant. Tu fais presque de l’anxiété avec ça.»
Le stress aurait-il un rôle à jouer dans cette maladie? Pour le Dr Louis-Charles Rioux, il s’agit d’une question complexe. «Ça n’a pas été clairement démontré que des facteurs stressants pouvaient amener la maladie. Chacun de nous, pourtant, comme gastroentérologue, a des expériences qui disent le contraire. Un traumatisme quelconque, suivi d’une déclaration de maladie : on en a tous des exemples comme ça. Mais la littérature ne semble pas traduire que ce soit un facteur causal. Par contre, ce qu’on sait c’est qu’il y a une étroite corrélation entre les symptômes que les patients peuvent présenter et la façon de gérer le stress. Il y a des études – dont certaines ont été réalisées à Montréal – qui démontrent que la façon de composer avec le stress peut faire en sorte que les patients présentent plus de symptômes.»
Une maladie chronique et incurable
À l’heure actuelle, il n’existe aucun traitement curatif contre la maladie de Crohn, explique le Dr Rioux : «Ce qu’on est capable de faire aujourd’hui, et souvent avec efficacité, c’est de guérir ou traiter l’inflammation qui est la résultante finale. La maladie de Crohn n’est pas curable actuellement parce que la cause précise n’est pas connue.» Ce que les médecins et les chercheurs tentent notamment de comprendre, c’est le facteur déclencheur de la maladie.
Les bactéries intestinales pointées du doigt
Sans pour autant avoir de réponses précises, les scientifiques s’intéressent de près au rôle des bactéries intestinales qui pourraient être à l’origine de la maladie. Chez les individus moyens, ces dernières se chiffrent par milliards et représentent environ un kilo de poids. Elles sont essentielles au maintien d’une bonne santé. Mais pour les individus atteints de la maladie de Crohn, il est possible que certaines bactéries traversent la paroi intestinale et touchent le système immunitaire, ce qui pourrait déclencher la maladie.
Chercheur et microbiologiste à l’Hôpital général de Montréal, le Dr Marcel Behr considère qu’il s’agit d’une maladie systémique qui entraîne des désordres dans tout le corps mais dont les symptômes s’expriment principalement dans le système digestif. Il explique que cette maladie semble être causée par des facteurs génétiques qui entraînent un déficit au niveau du système immunitaire. Des études en laboratoire ont notamment démontré que les cellules des patients atteints de la maladie de Crohn répondent moins bien aux expositions bactériennes. Les porteurs des gènes qui ont subi des mutations ont plus de difficultés à éliminer les bactéries alors que les personnes saines vont les tuer.
L’ultime tentative
La maladie de Crohn, même si le degré d’atteinte varie d’une personne à l’autre, peut affecter gravement la vie des malades, comme on l’a vu en première partie de reportage. Il existe des médicaments qui soulagent l’inflammation, mais plusieurs personnes devront au cours de leur vie subir une intervention chirurgicale, la plus radicale étant la stomie.
Il s’agit d’une opération difficile à envisager pour tout le monde, mais particulièrement pour les jeunes. Heureusement, elle permet de retrouver une vie presque normale.
Le choix de la chirurgie
«La maladie de Crohn m’a gardé prisonnier pendant un bon quinze ans, raconte André Bathalon. Quinze ans où je ne sortais plus de chez nous. Chaque jour, c’était le challenge ultime de me rendre au travail, sans accident et sans que ça paraisse non plus que j’étais dans un désarroi incroyable.» Exténué par toutes ces souffrances, André a pris la décision de subir une stomie, une chirurgie qui le prive à tout jamais de son intestin.
Stéphanie Robillard-Sarganis, quant à elle, est plutôt à la croisée des chemins. Actuellement en attente d’être opérée, elle aussi en est arrivée à la conclusion que la stomie était pour elle la meilleure avenue.
Épuisée par cette maladie qui ne donne aucun répit, Stéphanie ne voit tout simplement pas comment elle pourrait faire autrement. «Je pense que je n’ai pas vraiment le choix, explique-t-elle. Ce n’est pas un choix que j’ai, c’est que je suis rendue là. Au début de la maladie de Crohn, pour moi, quand je pensais à un sac, c’était inconcevable que je puisse avoir ça aussi jeune, et là j’ai eu 24 ans, et pour moi, je me dis que si je suis rendue là et si c’est pour améliorer ma qualité de vie, je suis aussi bien de sauter à pieds joints là-dedans.»
Les différents traitements
Avant d’en arriver à cette conclusion, André et Stéphanie ont tous les deux expérimenté de multiples avenues thérapeutiques.
Comme première tentative, Stéphanie s’est fait offrir des traitements à la cortisone. Si ces médicaments l’ont aidée à court terme, en réduisant l’inflammation au maximum, elle considère que les effets secondaires étaient si importants qu’il était impossible pour elle de poursuivre ce traitement à long terme : répercussions sur l’humeur, douleurs arthritiques, état dépressif, enflure du visage et du corps…
Le Dr Louis-Charles Rioux reconnaît d’ailleurs que cette approche est limitée : «Le traitement à la cortisone pour la maladie de Crohn est un traitement encore standard. On a assez de rapidité à le prescrire lorsque les patients en ont besoin, parce que ça agit rapidement. C’est d’ailleurs probablement le seul effet bénéfique que je peux y trouver. Les gens entrent en rémission assez rapidement avec ça.»
Par la suite, l’équipe médicale de Stéphanie lui a proposé d’essayer un autre traitement : les biologiques, des médicaments orientés vers le blocage d’un médiateur très important en inflammation, qu’on appelle le TNF, ou tissue necrosis factor. Avant de commencer à prendre ce médicament, Stéphanie a dû passer un test pour vérifier si elle était porteuse de la tuberculose. Après un résultat positif, elle a dû prendre beaucoup de médicaments pour contrer les effets de cette maladie. Par la suite, une anémie et un souffle au cœur sont venus s’ajouter à sa liste déjà longue d’effets de la maladie de Crohn sur sa santé.
Actuellement, Stéphanie prend un médicament intraveineux, le Rémicade, qui lui entraîne beaucoup de fatigue.
Pour sa part, André Bathalon considère qu’il a tout essayé. Car en plus des différents médicaments, il a aussi expérimenté des approches alternatives comme l’acupuncture et l’hypnose, sans succès. «Je pense qu’il y a une limite à ce qu’on peut encaisser en tant qu’être humain, en termes de douleurs et de maladies, explique-t-il. Un moment donné, tu es juste tanné, tu veux juste que ça arrête.» Au terme de sa réflexion, André a réussi à accepter ce qui lui semblait auparavant inimaginable : se faire opérer pour remplacer le colon et le rectum par un sac, une chirurgie définitive qui ne permet pas de reconnecter ensemble les parties restantes de l’intestin.
Pas une panacée
Après l’opération, il est certain que le quotidien n’est plus le même, en raison du sac qui ne peut être complètement dissimulé. Stéphanie en est fort consciente. Elle appréhende notamment les périodes estivales au cours desquelles il ne lui sera plus possible de porter un maillot deux-pièces. Advenant une éventuelle grossesse ou un changement de poids, elle devra être opérée à nouveau pour que les médecins puissent modifier le diamètre du sac.
Malgré ces inconvénients, la stomie entraîne habituellement de nombreux bénéfices aux malades qui voient leur vie transformée. Par contre, le Dr Louis-Charles Rioux soutient qu’il ne faut pas y voir là une panacée, car l’opération ne guérit pas la maladie en soi : «Avoir une stomie règle un problème, mais ne règle pas la maladie. La maladie peut toucher tous les segments du tube digestif et quelqu’un qui a une stomie peut avoir une récidive de sa maladie au niveau du grêle qui reste ou à d’autres endroits plus haut dans le tube digestif. Avoir un geste chirurgical dans une maladie de Crohn n’est pas une thérapie, ce n’est pas une cure de la maladie. On cure un problème. On traite un problème.»
Une nouvelle vie
Pour André Bathalon, l’opération s’est avérée un franc succès puisqu’elle a radicalement transformé son quotidien : «C’est le jour et la nuit, déclare-t-il avec enthousiasme. Définitivement. C’est plus que le jour et la nuit, c’est une autre vie. Totalement! Maintenant, je peux tout faire! Je peux courir au dépanneur si je veux, il n’y a plus d’obstacle. Quand tu as vécu une vie tellement plate et parsemée de douleurs et d’inconforts extrêmes, que là tu te sens renaître et que tout prend un sens incroyable, tu réalises à quel point le bon temps n’est pas long et très éphémère. Cette sérénité-là qui sort de ces quinze ans de maladie m’a transformé en quelqu’un de vraiment zen. Il n’y a plus rien qui me stresse, car je sais que rien ne vaut la santé.»
Tout en demeurant très lucide sur l’éventualité d’une rechute, André prend la vie avec philosophie: «Moi, je me considère en rémission et chaque jour est une nouvelle journée. Aujourd’hui je suis guéri et demain on verra.»
Informations supplémentaires
L’incidence de la maladie de Crohn a beaucoup augmenté depuis la fin des années 1970, notamment au Canada et dans les pays scandinaves. Par contre, la cause de cette augmentation demeure inconnue. Il demeure toutefois possible que les médecins soient maintenant mieux outillés pour diagnostiquer la maladie.
Dans la plupart des cas, la stomie n’est pas nécessaire et il peut être suffisant de tout simplement retirer la partie de l’intestin qui est affectée.
Plus de 200 000 personnes au Canada sont touchées par la maladie de Crohn.
Source : Fondation canadienne des maladies inflammatoires de l’intestin

Médicaments pour traiter la maladie de Crohn

http://maladiedecrohn.eu/

Anti-inflammatoires

La plupart des patients sont d'abord traités avec des médicaments contenant de la mézalamine afin de contrôler l'inflammation.
Des anti-inflammatoires utilisés, la sulfasalazine est le plus courant. Cependant, pour les personnes ayant une intolérance ou pour lesquelles la sulfasalazine n'est pas prescrite, d’autres médicaments contenant de la mézalamine pourront être prescrits, tels que l’Asacol, le Dipentum ou le Pentasa.
Les effets secondaires possibles des médicaments contenant de la mésalamine comprennent des nausées, des vomissements, des brûlures d'estomac, la diarrhée, des maux de tête.

Cortisone ou des stéroïdes

Ces médicaments, appelés aussi corticoïdes, sont efficaces pour réduire l'inflammation. La prednisone et le budésonide sont des noms génériques de deux corticostéroïdes. Au cours des premiers stades de la maladie de Crohn, lorsque les symptômes sont à leur paroxysme, les corticostéroïdes sont habituellement prescrits en quantité importante. La dose est ensuite progressivement réduite lorsque les symptômes sont contrôlés. Les corticostéroïdes peuvent provoquer des effets secondaires graves, y compris une plus grande susceptibilité à l'infection et à l'ostéoporose (affaiblissement des os).

Suppresseurs du système immunitaire

Des médicaments qui agissent sur le système immunitaire que l'on appelle les médicaments immunosuppresseurs, sont également utilisés pour traiter la maladie de Crohn. Les médicaments les plus couramment prescrits sont la mercaptopurine et l'azathioprine. Les médicaments immunosuppresseurs agissent en bloquant la réaction immunitaire qui contribue à l'inflammation.
Ces médicaments peuvent causer des effets secondaires tels que des nausées, des vomissements et de la diarrhée et peuvent réduire la résistance d'une personne à l'infection.
Certaines personnes sont traitées avec une combinaison de corticostéroïdes et d'immunosuppresseurs. Certaines études suggèrent que les médicaments immunosuppresseurs peuvent améliorer l'efficacité des corticoïdes.

Thérapies biologiques

Les thérapies biologiques consistent en une injection intra-veineuse d’infliximab (Remicade) ou une injection cutanée d’adalimumab (Humira). Les thérapies biologiques agissent sur le système immunitaire. Cette forme de traitement a été approuvée pour le traitement de la forme modérée à sévère de la maladie de Crohn et qui ne répond pas aux standards thérapies-mésalamine, aux corticostéroïdes et aux médicaments immunosuppresseurs.
Certaines études suggèrent que les thérapies biologiques peuvent améliorer l'efficacité des médicaments immunosuppresseurs.

Antibiotiques

Ils sont utilisés pour traiter la prolifération bactérienne dans l'intestin grêle causée par une sténose, une fistule ou la chirurgie. Pour ces problèmes communs, le médecin peut prescrire un ou plusieurs des antibiotiques suivants : ampicilline, sulfamides, céphalosporines, tétracyclines ou métronidazole.

Médicaments anti-diarrhéiques

Si la diarrhée et les crampes abdominales sont souvent soulagées lorsque l’inflammation diminue, un traitement médical supplémentaire peut être nécessaire.
Les médicaments anti-diarrhéiques incluent lediphénoxylate, le lopéramide et la codéine. Les gens atteints de diarrhée devraient boire beaucoup plus de liquides qu’à l’habitude prévenir la déshydratation. Si la diarrhée ne s'améliore pas, le malade devrait consulter un médecin sans tarder pour recourir à un traitement adéquate.

Démence

http://sante.canoe.ca/condition/

(Démence sénile, Syndrome cérébral organique, Syndrome cérébral chronique)

Description

La démence est un déclin graduel des capacités mentales. Elle influe sur les capacités intellectuelles et sociales au point de rendre difficile la vie quotidienne. La démence peut modifier la mémoire et le jugement, entraîner un état de désorientation et transformer la personnalité.
La maladie d'Alzheimer est la forme la plus courante de démence et elle touche environ 5 % des personnes âgées de plus de 65 ans. Elle se manifeste plus fréquemment parmi les segments de la population qui avancent en âge, et 20 % à 25 % des personnes de plus de 80 ans en sont atteintes. Environ 5 % à 10 % des cas de démence sont d'origine vasculaire, car ils résultent d'un accident vasculaire cérébral. Au moins 10 % des cas de démence sont dus en partie à la maladie d'Alzheimer et en partie à une série d'accidents vasculaires cérébraux.
La démence n'est pas un trouble aigu qui survient soudainement ou qui exige habituellement un traitement d'urgence.

Causes

La démence peut être provoquée par un certain nombre de facteurs, notamment :
  • l'alcoolisme;
  • une lésion cérébrale;
  • un abus de médicaments;
  • les effets secondaires de certains médicaments;
  • des anomalies de la fonction thyroïdienne;
  • une insuffisance de vitamine B12.
Dans certains cas, la démence peut être réversible ou ralentie, quand sa cause sous-jacente a été traitée.
L'avancement en âge et les antécédents familiaux de démence sont des facteurs de risque auxquels s'ajoutent ceux ci-après :
  • une pression artérielle élevée;
  • une élévation du cholestérol sanguin;
  • un diabète;
  • le tabagisme.
Malheureusement, lorsque la démence est due à des troubles comme la maladie d'Alzheimer, une lésion cérébrale ou à une altération des vaisseaux sanguins, les modifications qui s'ensuivent sont irréversibles.
Les recherches sur la cause et le traitement de la maladie d'Alzheimer permettent de mieux connaître ce trouble et suscitent tous les jours de nouveaux espoirs. Plusieurs causes possibles ont été établies, notamment les facteurs génétiques, une exposition à des toxines, une production anormale de protéines, de virus et une mauvaise irrigation du cerveau. Le vieillissement et l'hérédité (les facteurs génétiques) sont considérés comme les facteurs qui jouent le rôle le plus important dans l'apparition de la maladie d'Alzheimer.
La démence vasculaire est provoquée par une série d'accidents vasculaires cérébraux qui entraînent la mort des cellules de certaines régions du cerveau. Ce trouble cause une perte des capacités mentales qui peut être soudaine, progressive ou graduelle et constante. La mémoire à court terme est généralement touchée en premier lieu.

Symptômes et Complications

Un grand nombre d'entre nous commettent des étourderies. Nous oublions parfois où nous avons laissé nos clés de voiture, ou nous racontons de nouveau la même histoire à un ami ou à un membre de la famille. Ces comportements s'expliquent généralement par une surcharge d'information due à une vie active et stressante, et ne sont pas nécessairement des signes de démence. À mesure que les gens vieillissent, leur mémoire fonctionne parfois différemment. Il arrive, par exemple, qu'elle traite plus lentement l'information qui lui parvient. Ce type de changement est normal. La démence est au contraire progressive et invalidante, et n'est pas attribuable au processus normal de vieillissement.
Les véritables symptômes de la démence sont la perte progressive de la mémoire et d'autres capacités mentales. La démence rend un individu inapte à accomplir les tâches habituelles de la vie quotidienne. Elle peut aussi causer parfois des changements de comportements ou de personnalité.
Parmi les symptômes de la maladie d'Alzheimer, on retrouve :
  • une perte graduelle de la mémoire des événements récents, et l'incapacité d'apprendre de nouvelles choses;
  • une tendance accrue à se répéter, à perdre des objets et à manifester de la confusion.
  • une désintégration progressive de la personnalité, du jugement et des compétences sociales;
  • une propension accrue à l'irritabilité, à l'anxiété, à la dépression, à la confusion et à l'agitation.
Parmi les symptômes de la démence vasculaire, on retrouve :
  • une perte soudaine de la mémoire ou d'autres fonctions mentales;
  • des symptômes d'accident vasculaire cérébral (par ex. une paralysie, des troubles du langage et perte de l'acuité visuelle);
  • une modification de la démarche;
  • une perte précoce du contrôle des intestins ou de la vessie;
  • des crises soudaines, et sans motif, de rire ou de larmes.

Diagnostic

La démence est diagnostiquée par l'étude des symptômes qui l'ont précédée et par un examen physique. Votre médecin peut vous poser une série de questions pour évaluer votre cognition, c'est-à-dire l'ensemble des fonctions cérébrales associées à la mémoire, à l'évocation de souvenirs, à la prise de décisions, au langage, à la reconnaissance quotidienne d'objets familiers et à la capacité de suivre des directives.
Les tomographies cérébrales peuvent mettre en évidence les changements qui ont eu lieu dans la structure cérébrale. Une tomodensitométrie ou une imagerie par résonance magnétique sont utiles pour aider à repérer les affections (par ex. un accident vasculaire cérébral) susceptibles d'induire la démence.
La confirmation définitive du diagnostic ne peut être obtenue qu'après une biopsie qui permettra d'étudier la structure d'un fragment de tissus cérébraux ou une autopsie réalisée après la mort. S'il y a des antécédents familiaux de démence, il est préférable de consulter un médecin.

Traitement et Prévention

Pour atténuer les pertes de mémoire et les symptômes comportementaux qui s'aggravent progressivement, le traitement de la maladie d'Alzheimer consiste habituellement à employer un éventail de médicaments, notamment :
  • des amplificateurs cognitifs;
  • les tranquillisants;
  • les antidépresseurs;
  • les médicaments anxiolytiques;
  • les anticonvulsivants;
Des médicaments comme le donépézil*, la rivastigmine et la galantamine aident parfois à freiner la perte de mémoire. Aucun médicament ne peut arrêter ou inverser les lésions cérébrales provoquées par la maladie d'Alzheimer. Il existe toutefois des médicaments qui peuvent en soulager les symptômes, et les chercheurs sont sur le point de mettre au point de nouveaux médicaments prometteurs capables de retarder l'apparition des symptômes de la maladie.
Des travaux récents ont montré que les accidents vasculaires cérébraux constituent un facteur majeur de l'évolution de la maladie d'Alzheimer; il est donc important de les prévenir.
La prévention des accidents vasculaires cérébraux est le seul traitement susceptible d'être efficace en cas de démence vasculaire.Les personnes qui ont une pression artérielle élevée, qui souffrent d'accidents ischémiques transitoires (AIT), ou qui ont eu un accident vasculaire cérébral devraient recevoir des traitements continus contre ces affections afin de réduire au minimum la possibilité de leur récurrence.
Pour traiter et aider les personnes atteintes de démence, il importe de mettre l'accent sur toutes les activités que la personne peut encore exercer. On doit l'inciter à poursuivre ses activités quotidiennes et à maintenir autant que possible des rapports sociaux. Il faut aussi l'aider à conserver un mode de vie sain grâce à l'exercice physique, à un régime alimentaire approprié et à une ingestion de liquide suffisante. Les diètes spéciales et les suppléments sont généralement inutiles.
Voici quelques petits conseils qui pourraient s'avérer utiles si vous vous occupez d'une personne atteinte de démence :
  • donnez au patient des listes de choses à faire incluant l'heure de leur exécution, le lieu et les numéros de téléphone appropriés pour faciliter la réalisation de ces tâches;
  • structurez et stabilisez le milieu de vie en réduisant au minimum le bruit et les perturbations inutiles qui provoquent de l'anxiété;
  • établissez des routines pour réguler les activités effectuées durant la journée et au moment du coucher pour essayer de réduire la désorientation et l'anxiété;
  • parlez lentement et calmement, ne formulez qu'une seule idée et qu'une seule consigne à la fois;
  • diminuez le risque d'errance en produisant une fiche comportant son nom, son adresse et son numéro de téléphone;
  • veillez à ce que votre logis ne présente pas de danger en laissant les meubles à la même place, en éliminant les objets inutiles, en installant un verrou sur l'armoire à pharmacie et en réglant le chauffe-eau à une basse température afin d'éviter un échaudage;
  • interdisez à la personne atteinte de démence de conduire un véhicule. Faites le chauffeur ou demandez à quelqu'un de la conduire là où elle doit se rendre.
Prendre soin d'une personne atteinte de démence est une tâche très lourde. Il importe de faire preuve de compréhension, de patience et de compassion. Faire partie d'un groupe de soutien s'avère parfois utile pour les personnes qui s'occupent d'un patient atteint de la maladie d'Alzheimer.
On doit se préparer à la détérioration progressive de l'état de l'être cher, prévoir l'administration de soins à temps plein. Dans certains cas, l'hébergement dans une maison de soins est la meilleure solution pour la personne atteinte et pour sa famille.