jeudi 16 février 2017

De bons soins de santé, mais des délais trop longs au Québec, selon une étude

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MONTRÉAL – De bons soins, mais une attente beaucoup trop longue: voilà comment les Québécois perçoivent en gros leur système de santé, selon une étude dévoilée jeudi.
Le Commissaire québécois à la santé et au bien-être a publié des résultats pour la province basés sur l’enquête internationale sur les politiques de santé du Commonwealth Fund de 2016. Près de 27 000 personnes, dans 11 pays industrialisés, y ont participé et ont fait part de leurs expériences et de leurs perceptions.
Il s’agit de la troisième enquête à avoir été menée à ce sujet, les précédentes versions ayant été effectuées en 2010 et en 2013.
Les résultats spécifiques au Québec démontrent que la problématique la plus importante demeure celle de l’accès aux soins, ce qui explique une grande part de l’insatisfaction de la population à l’égard du système de santé, relève la commissaire par intérim, Anne Robitaille, dans un communiqué.

Par contre, ajoute-t-elle, les Québécois ont l’impression de recevoir des soins de qualité: près de 70 pour cent d’entre eux jugent la qualité des soins reçus de «très bonne à excellente». De ceux-là, 38 pour cent ont parlé de «soins excellents». Dans les autres pays, la satisfaction est moins élevée à ce chapitre.

Le Québec se démarque aussi positivement en ce qui a trait à la qualité de la relation avec le médecin de famille qui, pour la majorité des répondants à l’étude, connaît bien leurs antécédents, passe suffisamment de temps avec eux et leur explique les choses clairement.
Toutefois, seulement 22 pour cent des citoyens de la province pensent que le système de santé fonctionne «assez bien» — soit le même pourcentage depuis 2010. Pendant ce temps, la moyenne des autres pays à ce chapitre s’est améliorée, atteignant même 50 pour cent dans certains pays.
«La confiance envers le système de santé est un indicateur important de l’adéquation entre les besoins de la population et la réponse du système à ces besoins. Or, au Québec, l’opinion de la population sur le système de santé est plutôt négative», est-il écrit dans le rapport.
Un autre fait à noter est qu’un adulte québécois sur quatre — 25 pour cent — rapporte ne pas avoir de médecin de famille. La moyenne canadienne est de 15 pour cent. Ces pourcentages sont restés relativement stables depuis 2010.
Dans plusieurs pays, comme en France, en Allemagne et aux Pays-Bas, pratiquement tous les adultes ont un médecin de famille.
Le fait d’avoir un médecin de famille ne garantit pas toujours un accès rapide aux services, prévient-on.
Seulement 41 pour cent des Québécois rapportent pouvoir voir un médecin ou une infirmière le jour même ou le lendemain en cas de besoin. La moyenne est de 45 pour cent au Canada et de 59 pour cent dans les autres pays participants.
Cette situation mène à un engorgement des urgences, relève le rapport: «Ce manque d’accès aux soins de première ligne entraîne une surutilisation des urgences, puisque 38 pour cent des adultes québécois ont fait au moins une visite à l’urgence dans les deux dernières années et près de la moitié de ces personnes (44 pour cent) indiquent qu’elles auraient pu aller voir leur médecin à la place, si celui-ci avait été disponible».
Le problème est aussi présent pour les rendez-vous avec un spécialiste au Québec. Les deux tiers des adultes ont attendu plus de quatre semaines pour voir un médecin spécialiste.
Si ce pourcentage est relativement semblable à celui du Canada, il est le pire parmi les pays participants.
Par contre, le manque d’argent n’est pas une barrière aux soins pour la grande majorité des Québécois. «Seulement 6 à 7 pour cent des adultes rapportent ne pas avoir vu un médecin ou ne pas avoir eu un examen ou un traitement à cause des coûts», est-il écrit dans l’étude. Et seulement neuf pour cent ont omis de prendre un médicament pour les mêmes raisons.
Bref, entre 2010 et 2016, la performance du Québec est demeurée assez stable pour la plupart des thématiques traitées dans cette enquête.
Outre le Canada, les pays participants étaient l’Australie, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, la Suède, la Suisse, le Royaume-Uni et les États-Unis.
Le Commonwealth Fund est une organisation américaine à but non lucratif dont le mandat vise à soutenir la prise de décision dans le domaine de la santé. Chaque année, l’organisation mène une enquête internationale dans une dizaine de pays.
Quant au Commissaire à la santé et au bien-être, il a pour mission d’apporter un éclairage pertinent au débat public et à la prise de décision gouvernementale dans le but de contribuer à l’amélioration de l’état de santé et de bien-être des Québécois.

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