mardi 7 février 2017

Un truc génial pour supprimer d'un coup votre stress au travail

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OLIVIER SCHMOUKER

Publié le 06/02/2017 à 06:06, mis à jour le 06/02/2017 à 06:28

Mon collègue Yannick Clérouin m’a récemment parlé du tout dernier livre de l’entrepreneur et auteur américain Tim Ferriss, qui a signé le bestseller The 4-Hour Workweek, intitulé Tools of Titans - The tactics, routines, and habits of billionaires, icons, and world-class performers (Houghton Mifflin Harcourt, 2017). Il m’a dit combien celui-ci semblait être a priori une mine d’idées inspirantes, en droite ligne avec le contenu habituel de mon blogue «En Tête». Il a su m’en parler avec une telle ferveur que j’ai fini par aller faire un tour à la librairie. C’est bien simple, il avait mille fois raison!

C’est qu’il s’agit là d’une brique, oui, d’un livre véritablement grand comme une boîte à outils, où l’on trouve l’essentiel des entrevues que Tim Ferriss a effectuées avec des personnalités comme l’acteur, culturiste et politicien Arnold Schwarzenegger, le général américain Stanley McChrystal, l’écrivain Paulo Coelho, ou encore l’expert en marketing Seth Godin. Et y sont présentés tous les trucs des uns et des autres qui leur ont permis de connaître le succès que l’on sait. Tout cela pétille d’intelligence, à en donner le vertige.
Shaun White a remporté deux fois l'or aux Jeux olympiques d'hiver... Photo: DR


La preuve? C’est bien simple, il suffit d’ouvrir le livre au hasard et de lire une page : ça ne loupe pas, il y a toujours là une idée renversante d’ingéniosité. D’ailleurs, c’est ce que je m’apprête à faire devant vous, sans tricher.

Voilà. Page 272. Tim Ferriss rencontre Shaun White, le snowboarder américain qui a remporté deux fois l’or aux Jeux de Turin et de Vancouver. Voici ce qu’ils se disent…

«J’ai vécu une situation étrange au Japon, los d’une compétition qui s’appelait le Toyota Big Air, raconte le champion. J’avais 15 ans, c’était l’une des mes premières compétitions de haut niveau et j’affrontais des gars qui étaient mes idoles du half-pipe. Je n’étais pas connu : j’ai dû tout payer pour participer (mon billet d’avion, mon hôtel, ma bouffe,...), et ma mère est venue avec moi parce que j’étais mineur. Les autres, eux, étaient invités : tout leur était payé. Tout. On leur donnait même un per diem.

«Le prix décerné au gagnant était de 50.000 dollars américains, un montant carrément dingue à mes yeux. Mais les autres, eux, n’en avaient rien à cirer : ils ont tous fait la fête, la veille au soir, comme le voulait l’état d’esprit rebelle du milieu. Moi, en revanche, je suis resté dans ma chambre, avec ma mère.

«Résultat? Le lendemain, à la compétition, ils étaient tous maganés, sauf moi. Ils faisaient les durs, en disant tout haut qu’il y avait un bon moyen pour que tout le monde s’en tire bien : aucun d’eux ne forcerait son talent, ils se livreraient tous à une simple démonstration, pas plus, et après, ils se partageraient l’argent de manière équitable entre tout le monde. Je n’en croyais pas mes oreilles. Mes idoles, se comporter comme ça, je tombais de haut.

«Moi, j’ai fait un rapide calcul et j’ai réalisé que si ça se passait comme ça, il était impossible que je rentre dans mes frais. Je ne pouvais pas me permettre d’entrer dans la combine. Alors je leur ai dit que c’était «non» pour moi. Carrément.

«Ils m’ont tous foudroyé du regard. Mes idoles. Ils m’ont menacé. Ils m’ont fait des gestes. Ils m’ont insulté. Alors, je me suis enfermé dans ma bulle. Et j’ai gagné! J’ai empoché la somme mirobolante. Et plus personne n’a jamais cherché à m’intimider par la suite. Respect.»

Tim Ferriss est impressionné. Clairement. Et lui demande comment il a pu ainsi «entrer dans sa bulle», alors que non seulement ses illusions s’écroulaient, mais ses pairs tentaient de l’intimider. Oui, comment réaliser une telle prouesse quand le monde entier semble être contre soi?

Shaun White hésite un instant, puis confie, presque gêné, son secret pour se soulager d’un seul coup de toute pression, quelle qu’elle soit…

«Quand je sens la pression monter, je pense aux deux buts que je me fixe toujours. Car, contrairement à d’autres, je ne me fixe pas un but, mais deux à la fois : un but audacieux et un but… ridicule! D’ailleurs, je n’en reviens pas de te confier ça, j’en ai presque honte.

«À chaque début de saison, je me fixe comme objectif de remporter la compétition la plus prestigieuse. Par exemple, la médaille d’or au Jeux olympiques. Mais en même temps, je m’en fixe un second, secret et idiot. Pour l’année de Turin, mon autre objectif était de remporter le plus de voitures possible, tout au long de la saison (il est fréquent que des constructeurs automobiles soient commanditaires des compétitions et fassent gagner des véhicules aux mieux classés); c’est comme ça que j’ai eu une dizaine de voitures, cette année-là (une Suzuki Sidekick, une Volvo, une Jeep, etc.).

«En fait, j’en avais rien à faire des voitures, et je m’en suis d’ailleurs vite séparé. Mais le simple fait d’y penser lorsque la pression commençait à m’écraser me permettait de relativiser, et même de sourire. Je voyais ces voitures dans ma tête, je m’imaginais en train de les piloter, et ça me faisait tout oublier. Plus de pression. Plus d’angoisse de l’échec. Plus rien ne venait me perturber. Si bien que je retrouvais d’un coup le calme nécessaire pour donner mon 110% dans les minutes qui suivaient, que ce soit à l’entraînement comme à l’instant de se lancer du haut de la piste.

«Autre exemple, encore plus ridicule. L’année de Vancouver, mon autre but consistait à porter, tout au long de la saison, les pantalons les plus flyés qui soient. Et je l’ai fait! J’ai même réussi à porter un pantalon moulant aux couleurs du drapeau américain, pour faire la une du magazine Rolling Stone. J’en pissais de rire : j’avais eu ce rêve dingue d’accomplir un truc aussi ridicule, et ça s’est fait. En vrai.

«Bref, mon truc, c’est d’avoir deux buts en même temps : un audacieux et un fou, qui te fait rigoler des que tu y penses. Car ça permet de dealer avec n’importe quelle pression.»

Incroyable, n’est-ce pas? Voilà le genre d’astuces qu’on trouve dans le dernier livre de Tim Ferriss, Tools of Titans.

Que retenir de tout ça? Tout d’abord, de faire un tour à la librairie pour aller feuilleter le livre et vous faire votre propre opinion (le prix, soyons francs, peut être rédhibitoire…). Ensuite, ceci :

> Qui entend être en mesure de supprimer d'un coup son stress au travail se doit de se fixer au préalable deux buts simultanés, un audacieux et un autre follement drôle. Il lui faut prendre modèle sur Shaun White, en osant tutoyer le génie comme la bouffonnerie. Car c’est ainsi qu’il sera en mesure de relativiser les moments de grosse pression, et par suite, d’éviter de perdre tous ses moyens au moment crucial.

En passant, le chanteur français Georges Moustaki aimait à dire : «Nous avons toute la vie pour nous amuser et toute la mort pour nous reposer».


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