lundi 30 janvier 2017

Conflit en vue entre Barrette et les ambulanciers

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EXCLUSIF
Publié le 29 janvier 2017 à 23h40 | Mis à jour le 30 janvier 2017 à 07h01
Pour la Corporation des services d’ambulance du Québec... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE)
PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE
Pour la Corporation des services d’ambulance du Québec (CSAQ), qui regroupe une soixantaine d’entreprises en région – 92 % de l’industrie qui est au privé –, le gouvernement n’a pas le droit d’imposer, à ses conditions, le contrat qui lie les établissements de santé au réseau qui dessert les régions en services ambulanciers.

DENIS LESSARD
La Presse
(Québec) Affrontements avec les cadres du réseau de la santé, avec les pharmaciens, avec les infirmières, avec les médecins de famille, puis avec les spécialistes. On croirait que le ministre Gaétan Barrette est à court d'adversaire. Voilà qu'un nouveau conflit se profile, avec les ambulanciers cette fois.
Le regroupement des entreprises d'ambulances qui dessert l'ensemble du Québec a inscrit la semaine dernière, en Cour supérieure, une demande d'injonction visant le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, l'ensemble des centres intégrés de santé et de services sociaux et le nouveau président du Conseil du trésor, Pierre Moreau.
Pour la Corporation des services d'ambulance du Québec (CSAQ), qui regroupe une soixantaine d'entreprises en région - 92 % de l'industrie qui est au privé -, le gouvernement n'a pas le droit d'imposer, à ses conditions, le contrat qui lie les établissements de santé au réseau qui dessert les régions en services ambulanciers. Les firmes membres de la CSAQ représentent environ 3500 ambulanciers paramédicaux. Seules exceptions, les régions de Montréal et Laval sont desservies par Urgences-santé, qui fait partie du secteur public.
Dans la requête de 34 pages, obtenue par La Presse, la Corporation et ses membres soulignent que le ministère de Gaétan Barrette a transmis, le 21 décembre, une lettre où il indiquait qu'il imposait ses règles dans 90 jours, soit le 31 mars prochain. Ce geste suit une longue série d'engagements à négocier de la part du gouvernement depuis la prolongation du contrat qui se terminait en décembre 2014. Après un chassé-croisé d'engagements et de rencontres annulées, le ministre a, par lettre, «cavalièrement déterminé unilatéralement des termes de conditions du contrat». En décembre dernier, une directrice du Ministère prévenait des établissements que le futur contrat serait «très différent du contrat actuel».
Dans sa requête, l'industrie de l'ambulance privée réclame que le tribunal impose que le contrat actuel s'applique jusqu'en mars 2018. On demande au juge de déclarer que le ministre a «abusé de son pouvoir discrétionnaire» et «violé les expectatives légitimes» des entreprises d'ambulances de «participer à la négociation du contenu minimal du contrat de services ambulanciers».
«Ainsi, le ministre, dans la négociation et en abstraction totale du processus de collaboration avec les CI [centres intégrés de santé] et la Corporation, a pris la décision d'imposer unilatéralement un contrat de services à toute une industrie.»
Pour la CSAQ et les entreprises qu'elle représente, la décision «arbitraire» du ministre Barrette «constitue un détournement des pouvoirs qui lui sont conférés par la loi».
Pour Denis Perreault, directeur général de la Corporation, les conditions que souhaite imposer le gouvernement feraient qu'il sera impossible aux employeurs de donner aux ambulanciers paramédicaux les mêmes conditions de travail que ce qui est accordé dans le secteur privé. Le salaire des ambulanciers privés est aligné depuis des années sur celui de leurs collègues du secteur public, de Montréal.
Pour l'ensemble des entreprises, les nouveaux paramètres du gouvernement signifieraient une diminution du budget de 121 millions sur trois ans. Une situation qui rendrait leur fonctionnement impossible. La même règle pour Urgences-santé signifierait une réduction de 25 millions, plus du quart de son budget annuel. Les dépenses des entreprises d'ambulances sont essentiellement du salaire et des frais d'exploitation, fait valoir M. Perreault.

Des essais cliniques inutiles

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Publié le 30 janvier 2017 à 05h00 | Mis à jour à 07h10
Des essais cliniques sur des molécules aux perspectives... (ARCHIVES AFP)
Des essais cliniques sur des molécules aux perspectives incertaines gaspillent des ressources et font courir des risques aux volontaires, dénonce une nouvelle étude montréalaise publiée ce matin dans la revue Nature.ARCHIVES AFP
Les autorités médicales devraient être plus sévères avant d'approuver des essais cliniques, selon une nouvelle étude montréalaise publiée ce matin dans la revue Nature. Des essais cliniques sur des molécules aux perspectives incertaines gaspillent des ressources et font courir des risques aux volontaires, comme l'a montré la mort de cinq personnes dans un essai clinique en France l'an dernier.
«Je m'intéresse aux débuts de la recherche sur un nouveau médicament», explique Jonathan Kimmelman, bioéthicien de l'Université McGill et auteur principal de l'essai. «À ma grande surprise, j'ai découvert que lors des premiers essais sur les humains, les autorités réglementaires se penchent sur les risques potentiels à partir des résultats sur les animaux, mais pas sur les perspectives que le médicament soit efficace. Il faudrait que ces perspectives d'efficacité soient évaluées avant d'autoriser une étude clinique.»
Il y a un an, un volontaire est mort et quatre autres ont eu des séquelles neurologiques lors d'un premier test sur les humains d'une molécule interagissant avec le système nerveux, à Paris. Selon un rapport des autorités françaises, la firme française d'essais cliniques n'aurait pas reçu de la société pharmaceutique portugaise ayant inventé la molécule des informations sur des effets négatifs sur la santé des singes des essais cliniques antérieurs. La molécule portugaise ne semblait pas non plus très efficace, selon des documents consultés par M. Kimmelman.
De tels cas sont-ils fréquents? «On ne le sait pas, à cause des ententes de confidentialité que signent les autorités réglementaires, dit le bioéthicien montréalais. Les autorités européennes ont fini par dévoiler des chiffres après la mort du volontaire à Paris, mais il n'y en a pas pour le Canada ou les États-Unis.»
Les sociétés pharmaceutiques ne font-elles pas déjà une évaluation interne des perspectives de succès d'une nouvelle molécule? « Les autorités réglementaires se disent que les compagnies ne feront pas de tests s'il n'y a pas de bonnes perspectives de succès, note M. Kimmelman. Ensuite, les comités d'éthique universitaires qui approuvent les essais cliniques se disent que les autorités ont fait l'évaluation de l'efficacité. Donc, personne ne vérifie si les compagnies font leurs devoirs. Tester une molécule qui n'a pas de bonnes chances de succès, c'est exposer des gens à des risques inutiles et c'est gaspiller de l'argent à un moment où les médicaments coûtent déjà très cher. Si les autorités évaluaient elles-mêmes l'efficacité potentielle des nouvelles molécules, on ferait moins d'essais cliniques, et les médicaments coûteraient moins cher.»

2
Nombre d'études cliniques de phase I qui ont causé des problèmes de santé importants aux participants, sur les 3100 supervisées depuis 2005 par les autorités réglementaires européennes (EMA)
2,6
milliards US
Coût de développement d'un nouveau médicament

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