mardi 7 février 2017

Gaétan Barrette pratique la microgestion et décide de tout, dénonce la FIQ

http://www.lapresse.ca/actualites/sante/

Publié le 07 février 2017 à 11h33 | Mis à jour à 11h33

JOCELYNE RICHER
La Presse Canadienne
Québec
Le Québec pourrait devoir mettre sur pied une commission Charbonneau de la santé, si le projet de loi 130 est adopté, selon la présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), Régine Laurent.
Avec ce projet de loi, qui fait l'objet d'une consultation depuis mardi, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, s'arroge encore plus de pouvoirs sur les administrateurs du réseau de la santé, ce qui n'augure rien de bon pour la suite des choses, a déploré Mme Laurent en conférence de presse, mardi.
Depuis qu'il est en fonctions, le ministre Barrette s'est octroyé tous les pouvoirs sur le réseau, selon elle, incluant avec le projet de loi 130 celui de procéder à des nominations partisanes dans tout le réseau.
Il n'a aucun compte à rendre, notamment sur la politique d'achats regroupés, il pratique la microgestion et décide de tout, a plaidé Mme Laurent, en soutenant que les gestionnaires du réseau, nommés par le ministre, étaient assis sur des sièges éjectables.
À son avis, tout se met en place pour que les gens qui sont sur place, nommés par le ministre, répondent aux commandes du ministre et n'agissent pas en toute transparence, ouvrant la porte à toutes les dérives, a dit la présidente de la FIQ, un organisme qui n'a pas été invité à participer à la consultation.
La FIQ n'a pas été invitée à participer... (André Pichette, archives La Presse)
La FIQ n'a pas été invitée à participer à la consultation. Sur la photo, des drapeaux brandis lors qu'une manifestation contre des compressions budgétaires en 2013.
ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE
En privé, les gestionnaires disent craindre les représailles du ministre s'ils ne répondent pas à ses directives, selon elle.
Le projet de loi fait en sorte que le ministre contrôlera les conseils d'administration des établissements, en s'arrogeant le pouvoir d'autoriser ou non tout projet de règlement, dénonce Mme Laurent, mécontente de voir le ministre choisir lui-même désormais les adjoints des présidents d'établissements.
Déposé en décembre dernier, le projet de loi a aussitôt déclenché la colère des médecins, qui, eux, y voyaient une atteinte directe et inacceptable à leur autonomie professionnelle.
Les deux principaux regroupements de médecins (la Fédération des médecins spécialistes et la Fédération des médecins omnipraticiens) ont dénoncé la volonté de contrôle de M. Barrette sur leur pratique au quotidien.
Le ministre Barrette dit viser en fait à augmenter l'efficacité du réseau en accroissant la productivité des médecins, de gré ou de force, grâce à de nouveaux pouvoirs octroyés aux directions des centres hospitaliers.
Les gestionnaires auront le pouvoir de punir les médecins dont la pratique ne répondra pas aux besoins de l'établissement et à son fonctionnement optimal au jour le jour.

Un questionnaire d'embauche jugé discriminatoire

http://www.lapresse.ca/actualites/sante/

Publié le 07 février 2017 à 05h00 | Mis à jour à 05h00

LOUISE LEDUC
La Presse
Une émanation du système de santé - le Centre intégré de santé et de services sociaux des Laurentides - a été épinglée par le Tribunal des droits de la personne en raison d'un questionnaire d'embauche discriminatoire.
En 2012, au moment des faits en litige, une psychologue fait une demande d'emploi au Centre de santé et de services sociaux de Sainte-Thérèse-de-Blainville. On lui présente alors un formulaire médical de huit pages qui lui demande de préciser son âge et de signaler tout problème de santé actuel ou passé, de même que toute hospitalisation au cours de sa vie.
La candidate, peut-on lire dans le jugement, «est particulièrement stupéfaite par le caractère intrusif de certaines questions qui, en plus de faire une revue complète des systèmes physiologiques du corps humain et de ses antécédents de santé, ne sont aucunement circonscrites dans le temps ».
Le formulaire est assorti d'une mise en garde :
«Rappelez-vous que toute fausse déclaration ou omission de votre part pourrait entraîner des mesures pouvant aller jusqu'à l'annulation de votre contrat individuel de travail [congédiement] de la part l'employeur.»
Après avoir fait une demande d’emploi au Centre... (PHOTO THINKSTOCK)
Après avoir fait une demande d’emploi au Centre de santé et de services sociaux de Sainte-Thérèse-de-Blainville en 2012, une psychologue s’est fait demander de remplir un formulaire médical de huit pages qui lui demande de préciser son âge et de signaler tout problème de santé actuel ou passé, de même que toute hospitalisation au cours de sa vie.
PHOTO THINKSTOCK
À son corps défendant, elle se replonge dans son passé, ressort ce problème de tachycardie jonctionnelle de l'enfant pour lequel elle a dû subir une opération en 1993, de même qu'une hospitalisation en 2011.
Le comité de recrutement la rencontre ensuite pendant une heure et lui indique qu'elle doit alors voir un infirmier chargé de clarifier avec elle certains points et d'émettre son avis sur l'aptitude à l'emploi des candidats.
La psychologue demande alors à l'infirmier s'il est au courant du caractère illégal du questionnaire.
C'est la procédure habituelle, lui dira-t-il.
Finalement, la candidate décidera de ne pas aller de l'avant avec cette demande d'emploi, notamment en raison du malaise ressenti lors de ses démarches.
Questions non pertinentes 
Devant le Tribunal du travail, le Centre intégré de santé et de services sociaux des Laurentides reconnaîtra d'emblée que son questionnaire viole la Charte des droits et libertés et le droit à la vie privée et indique qu'il a été modifié.
Le Tribunal des droits de la personne note que, de fait, plusieurs des questions posées ne sont pas pertinentes dans le processus d'embauche de psychologues.
«Il en est ainsi concernant les questions sur l'âge du candidat, le nom de ses médecins traitants ou spécialistes ou même le nom des autres professionnels de la santé consultés, écrit le juge Yvan Nolet. Il faut en arriver à la même conclusion concernant les questions ouvertes sur les blessures, accidents, maladies, médicaments ainsi que concernant la revue systématique de l'entièreté des systèmes du corps humain, sans perdre de vue que ces questions constituent également une intrusion injustifiée dans la vie privée du postulant.»
Préjudice moral
Le Tribunal des droits de la personne accordera 4000 $ à la psychologue en compensation pour le préjudice moral subi. Elle n'obtiendra cependant pas de dommages punitifs, le juge Nolet estimant qu'il n'a pas été démontré que lors de l'entrevue, en 2012, les responsables étaient au courant qu'ils contrevenaient à des dispositions de la Charte.
Pour Camil Picard, président par intérim de la Commission des droits de la personne, ce jugement envoie un message clair. «Une personne ne doit jamais avoir à choisir entre un emploi et le respect de ses droits fondamentaux».
Au ministère de la Santé, on a décliné notre offre de commenter cette décision.
La Commission des droits de la personne indique recevoir bon an, mal an une quinzaine de plaintes du genre, émanant notamment du réseau public de la santé et des services sociaux.
En 2015, La Presse écrivait que toute personne désirant décrocher un emploi à la Commission scolaire de Montréal (CSDM), où les écoles sont particulièrement vétustes et où la qualité de l'air est une préoccupation, devait répondre à 17 questions très personnelles et révéler, entre autres, tout problème cutané actuel ou passé de «psoriasis, d'eczéma, de dermatite, d'urticaire, d'allergie ou autre».
La CSDM disait alors que le questionnaire avait été avalisé par son service juridique.
Ce formulaire n'a pas encore été testé devant les tribunaux.

Les selfies funéraires gagnent le Québec

http://www.lapresse.ca/actualites/

Publié le 07 février 2017 à 05h00 | Mis à jour à 07h46

ISABELLE DUBÉ
La Presse
La mode des égoportraits s'invite maintenant dans les salons funéraires du Québec. Dans les complexes Magnus Poirier tout comme dans les établissements du Réseau Dignité, cette pratique est courante depuis deux ans. Des membres de la Corporation des thanatologues du Québec souhaitent une réglementation.
«On le voit dans plus de 50% des funérailles, surtout quand elles sont traditionnelles avec l'exposition du défunt», affirme Danny Gallant, directeur général du Centre funéraire Côte-des-Neiges, qui fait partie du Réseau Dignité.
Avec les téléphones intelligents à portée de main, les endeuillés n'hésitent plus à immortaliser le dernier adieu à un proche. Le tabou entourant la mort au Québec fait en sorte que les égoportraits sont réalisés en vitesse, en posant discrètement à côté du cercueil ouvert. «À cause de la technologie, c'est plus facile de le faire aujourd'hui, explique Patrice Chavegros, vice-président Ventes & Service à la clientèle chez Magnus Poirier. C'est une photo comme une autre, une photo vite faite et un besoin par rapport à son étape de deuil.»
Avec les téléphones intelligents à portée de main, les endeuillés n'hésitent plus à immortaliser le dernier adieu d'un proche.
Faut-il encadrer la pratique?
Alors qu'aux États-Unis, la publication des égoportraits funéraires sur les réseaux sociaux est monnaie courante, mais souvent critiquée, au Québec, les endeuillés sont plus discrets. Bien qu'il n'y ait pas encore eu de plaintes de la part de familles, la direction de Magnus Poirier croit qu'il faudrait réglementer ou, du moins, encadrer la prise d'égoportraits.
«Si les gens veulent prendre des selfies ou des vidéos des défunts, même si on est réticent, ils ont le droit de le faire, soutient Patrice Chavegros. Mais qu'est-ce qu'ils vont faire après, en sortant? On ne sait pas. Imaginez, n'importe qui entre dans un salon, prend une photo et la met sur les réseaux sociaux? Ça peut faire des dommages. La technologie amène à changer les pratiques et les moeurs.»
Le directeur général du Centre funéraire Côte-des-Neiges abonde dans le même sens, même s'il souligne que les Québécois sont en général respectueux lors des funérailles. «On n'est pas à l'abri de quelqu'un qui pourrait publier une photo inappropriée, affirme Danny Gallant. Ici, on a des politiques internes. Tous nos employés et le personnel de sous-traitance ne sont pas autorisés à utiliser un appareil photo ou un cellulaire pendant le travail dans nos salons.»
La position de la corporation
La Corporation des thanatologues du Québec, qui représente 125 entreprises funéraires, s'est penchée sur la question avec le conseil d'administration. Un sujet délicat à réglementer, selon elle, car la pratique est répandue dans le monde entier et bénéfique pour certaines familles.
«On est d'accord pour éviter le dérapage, précise Annie St-Pierre, directrice générale de la Corporation. La question, c'est : comment peut-on le faire? On ne peut pas jouer à la police des selfies. Si la famille l'accepte, on ne peut pas aller contre sa volonté. Ça s'encadre facilement quand la famille exprime clairement sa volonté qu'elle ne désire pas qu'il y ait de photographies ou de selfies. On le dit aux visiteurs et 99% des gens respectent la directive.»
La Corporation compare la problématique de réglementation des égoportraits à celle entourant la dispersion des cendres. «Quand bien même on interdirait aux Québécois de répandre leurs cendres dans le fleuve, les rivières ou les lacs, est-ce qu'on va mettre des polices à chaque cours d'eau pour surveiller que ça ne se fasse pas?»
Pour l'instant, la Corporation préfère laisser le choix aux familles tout en suivant avec attention l'évolution du dossier. «On va voir s'il y a des dérapages, on pourra exiger un encadrement.»
Une façon de faciliter le deuil
Les spécialistes du deuil sont unanimes : voir la dépouille et constater le décès facilitent le deuil. «Ça aide à reconnaître la perte, reconnaître que la personne ne reviendra plus», explique Josée Jacques, psychologue spécialisée dans le deuil.
«Pour ce qui est des selfies, la question à se poser, c'est : est-ce que ça me fait du bien de regarder une photo avec la personne décédée? Si c'est un dernier souvenir et c'est fait avec des intentions de laisser une trace, je ne vois pas de problème. Si c'est une photo pour rigoler, c'est autre chose.»
La directrice et fondatrice de Deuil Jeunesse, Josée Maçon, constate que les égoportraits funéraires font du bien autant aux jeunes qu'aux gens plus âgés. Elle rappelle que dans les années 60, les photos de proches dans leur cercueil faisaient partie des albums de photos des familles québécoises.
«Je ne vois rien de dangereux par rapport à ça. Ça ne fait pas de mal à personne, c'est pour eux, c'est intime. Les jeunes nous les montrent, leurs selfies. Ils nous disent : "Je suis content de l'avoir pris. C'est le souvenir qu'il me reste de ma mère, de mon ami. Ça me fait plus de bien que sa photo mortuaire, parce que ça me montre que j'ai été là." Certains ont besoin de toucher, de se faire raconter, d'autres, de voir.»
C'est aussi un rituel important dans les communautés africaines et asiatiques du Québec. Les familles prennent le temps de faire une photo officielle avec la dépouille dans le cercueil.
Que dit la loi?
Actuellement, la Loi sur la santé publique interdit la prise de photo d'un cadavre humain dans les laboratoires funéraires à moins que la famille donne son consentement. Les thanatopracteurs ne peuvent pas capter leurs réalisations, même à des fins pédagogiques.
Pour ce qui est du droit à l'image du défunt, rien n'est prévu dans la loi.
«Avant 2002, on reconnaissait aux héritiers le droit de défendre la vie privée du défunt, explique Nicolas Vermeys, professeur de droit à l'Université de Montréal. Mais l'article de loi a été abrogé.»
Cependant, si un égoportrait funéraire modifié est diffusé sur les réseaux sociaux, des recours existent.
«Si c'est la photo de ma mère, qu'elle est publiée sur Facebook, que vous dites des choses associées à l'image et que ça m'affecte et me cause un trouble moral ou émotif, là, je pourrais intenter une procédure en vertu des principes de base de la responsabilité civile.»
***
Des égoportraits choquants sur Facebook
Une famille américaine de Houston, au Texas, a eu un choc en voyant la page Facebook du directeur des funérailles de leur proche. David L. Jones avait mis en ligne des égoportraits avec le corbillard et d'autres avec le cercueil fermé. La cousine du défunt, Rose Molina, avait parlé au directeur durant l'événement. Il avait répondu qu'il se servait de son téléphone intelligent comme miroir pour replacer sa cravate. Lorsque la cousine a vu les publications sur Facebook, elle a alerté les médias. Un reportage a été diffusé sur ABC le 19 septembre 2016. Le propriétaire du salon funéraire s'est excusé.

Un truc génial pour supprimer d'un coup votre stress au travail

http://www.lesaffaires.com/blogues/

OLIVIER SCHMOUKER

Publié le 06/02/2017 à 06:06, mis à jour le 06/02/2017 à 06:28

Mon collègue Yannick Clérouin m’a récemment parlé du tout dernier livre de l’entrepreneur et auteur américain Tim Ferriss, qui a signé le bestseller The 4-Hour Workweek, intitulé Tools of Titans - The tactics, routines, and habits of billionaires, icons, and world-class performers (Houghton Mifflin Harcourt, 2017). Il m’a dit combien celui-ci semblait être a priori une mine d’idées inspirantes, en droite ligne avec le contenu habituel de mon blogue «En Tête». Il a su m’en parler avec une telle ferveur que j’ai fini par aller faire un tour à la librairie. C’est bien simple, il avait mille fois raison!

C’est qu’il s’agit là d’une brique, oui, d’un livre véritablement grand comme une boîte à outils, où l’on trouve l’essentiel des entrevues que Tim Ferriss a effectuées avec des personnalités comme l’acteur, culturiste et politicien Arnold Schwarzenegger, le général américain Stanley McChrystal, l’écrivain Paulo Coelho, ou encore l’expert en marketing Seth Godin. Et y sont présentés tous les trucs des uns et des autres qui leur ont permis de connaître le succès que l’on sait. Tout cela pétille d’intelligence, à en donner le vertige.
Shaun White a remporté deux fois l'or aux Jeux olympiques d'hiver... Photo: DR


La preuve? C’est bien simple, il suffit d’ouvrir le livre au hasard et de lire une page : ça ne loupe pas, il y a toujours là une idée renversante d’ingéniosité. D’ailleurs, c’est ce que je m’apprête à faire devant vous, sans tricher.

Voilà. Page 272. Tim Ferriss rencontre Shaun White, le snowboarder américain qui a remporté deux fois l’or aux Jeux de Turin et de Vancouver. Voici ce qu’ils se disent…

«J’ai vécu une situation étrange au Japon, los d’une compétition qui s’appelait le Toyota Big Air, raconte le champion. J’avais 15 ans, c’était l’une des mes premières compétitions de haut niveau et j’affrontais des gars qui étaient mes idoles du half-pipe. Je n’étais pas connu : j’ai dû tout payer pour participer (mon billet d’avion, mon hôtel, ma bouffe,...), et ma mère est venue avec moi parce que j’étais mineur. Les autres, eux, étaient invités : tout leur était payé. Tout. On leur donnait même un per diem.

«Le prix décerné au gagnant était de 50.000 dollars américains, un montant carrément dingue à mes yeux. Mais les autres, eux, n’en avaient rien à cirer : ils ont tous fait la fête, la veille au soir, comme le voulait l’état d’esprit rebelle du milieu. Moi, en revanche, je suis resté dans ma chambre, avec ma mère.

«Résultat? Le lendemain, à la compétition, ils étaient tous maganés, sauf moi. Ils faisaient les durs, en disant tout haut qu’il y avait un bon moyen pour que tout le monde s’en tire bien : aucun d’eux ne forcerait son talent, ils se livreraient tous à une simple démonstration, pas plus, et après, ils se partageraient l’argent de manière équitable entre tout le monde. Je n’en croyais pas mes oreilles. Mes idoles, se comporter comme ça, je tombais de haut.

«Moi, j’ai fait un rapide calcul et j’ai réalisé que si ça se passait comme ça, il était impossible que je rentre dans mes frais. Je ne pouvais pas me permettre d’entrer dans la combine. Alors je leur ai dit que c’était «non» pour moi. Carrément.

«Ils m’ont tous foudroyé du regard. Mes idoles. Ils m’ont menacé. Ils m’ont fait des gestes. Ils m’ont insulté. Alors, je me suis enfermé dans ma bulle. Et j’ai gagné! J’ai empoché la somme mirobolante. Et plus personne n’a jamais cherché à m’intimider par la suite. Respect.»

Tim Ferriss est impressionné. Clairement. Et lui demande comment il a pu ainsi «entrer dans sa bulle», alors que non seulement ses illusions s’écroulaient, mais ses pairs tentaient de l’intimider. Oui, comment réaliser une telle prouesse quand le monde entier semble être contre soi?

Shaun White hésite un instant, puis confie, presque gêné, son secret pour se soulager d’un seul coup de toute pression, quelle qu’elle soit…

«Quand je sens la pression monter, je pense aux deux buts que je me fixe toujours. Car, contrairement à d’autres, je ne me fixe pas un but, mais deux à la fois : un but audacieux et un but… ridicule! D’ailleurs, je n’en reviens pas de te confier ça, j’en ai presque honte.

«À chaque début de saison, je me fixe comme objectif de remporter la compétition la plus prestigieuse. Par exemple, la médaille d’or au Jeux olympiques. Mais en même temps, je m’en fixe un second, secret et idiot. Pour l’année de Turin, mon autre objectif était de remporter le plus de voitures possible, tout au long de la saison (il est fréquent que des constructeurs automobiles soient commanditaires des compétitions et fassent gagner des véhicules aux mieux classés); c’est comme ça que j’ai eu une dizaine de voitures, cette année-là (une Suzuki Sidekick, une Volvo, une Jeep, etc.).

«En fait, j’en avais rien à faire des voitures, et je m’en suis d’ailleurs vite séparé. Mais le simple fait d’y penser lorsque la pression commençait à m’écraser me permettait de relativiser, et même de sourire. Je voyais ces voitures dans ma tête, je m’imaginais en train de les piloter, et ça me faisait tout oublier. Plus de pression. Plus d’angoisse de l’échec. Plus rien ne venait me perturber. Si bien que je retrouvais d’un coup le calme nécessaire pour donner mon 110% dans les minutes qui suivaient, que ce soit à l’entraînement comme à l’instant de se lancer du haut de la piste.

«Autre exemple, encore plus ridicule. L’année de Vancouver, mon autre but consistait à porter, tout au long de la saison, les pantalons les plus flyés qui soient. Et je l’ai fait! J’ai même réussi à porter un pantalon moulant aux couleurs du drapeau américain, pour faire la une du magazine Rolling Stone. J’en pissais de rire : j’avais eu ce rêve dingue d’accomplir un truc aussi ridicule, et ça s’est fait. En vrai.

«Bref, mon truc, c’est d’avoir deux buts en même temps : un audacieux et un fou, qui te fait rigoler des que tu y penses. Car ça permet de dealer avec n’importe quelle pression.»

Incroyable, n’est-ce pas? Voilà le genre d’astuces qu’on trouve dans le dernier livre de Tim Ferriss, Tools of Titans.

Que retenir de tout ça? Tout d’abord, de faire un tour à la librairie pour aller feuilleter le livre et vous faire votre propre opinion (le prix, soyons francs, peut être rédhibitoire…). Ensuite, ceci :

> Qui entend être en mesure de supprimer d'un coup son stress au travail se doit de se fixer au préalable deux buts simultanés, un audacieux et un autre follement drôle. Il lui faut prendre modèle sur Shaun White, en osant tutoyer le génie comme la bouffonnerie. Car c’est ainsi qu’il sera en mesure de relativiser les moments de grosse pression, et par suite, d’éviter de perdre tous ses moyens au moment crucial.

En passant, le chanteur français Georges Moustaki aimait à dire : «Nous avons toute la vie pour nous amuser et toute la mort pour nous reposer».


Mon groupe LinkedIn

Ma page Facebook

Mon compte Twitter