lundi 13 mars 2017

CHSLD Herron: le comité des usagers démissionne en bloc

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EXCLUSIF
Publié le 13 mars 2017 à 05h00 | Mis à jour à 11h43
Les membres du comité des usagers du CHSLD... (PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE)
Les membres du comité des usagers du CHSLD Herron se sont dits «incapables de remplir leur rôle de défense des droits des résidants dans le climat actuel».
PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE
Les six membres du comité des usagers du centre d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) Herron, dans l'ouest de Montréal, ont démissionné en bloc le 28 février, se disant «incapables de remplir leur rôle de défense des droits des résidants dans le climat actuel».
Dans la lettre de démission, obtenue par La Presse, les membres du comité des usagers accusent l'administration du CHSLD d'adopter une «approche irrespectueuse», de faire preuve d'un «manque d'intégrité» et d'une «incapacité à dialoguer dans un environnement constructif».
Le CHSLD Herron est un établissement privé qui peut accueillir jusqu'à 150 résidants âgés en perte d'autonomie. Actuellement, 17 patients envoyés par le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l'Ouest-de-l'Île-de-Montréal y sont hébergés.
Dialogues infructueux
Andrei Stanica, directeur général du CHSLD Herron, estime qu'il est dommage que le comité des usagers en soit arrivé là. «Nous travaillons maintenant à mettre sur pied un autre comité», dit-il. Selon le directeur général, des efforts de dialogue ont été maintes fois tentés, sans succès. «Le comité des usagers doit respecter son mandat.»
M. Stanica précise que le CHSLD Herron vient d'obtenir son agrément et répond «à toutes les exigences» du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS).
Le CIUSSS de l'Ouest-de-l'Île-de-Montréal a informé le MSSS de la démission en bloc du comité des usagers du CHSLD Herron et dit «poursuivre ses activités d'accompagnement en matière de qualité des soins et des services» dans cet établissement.
Le CIUSSS précise qu'une visite d'évaluation de la qualité du milieu de vie a été faite le mois dernier par le MSSS au CHSLD Herron et que cette visite «a confirmé l'engagement de cette ressource privée d'offrir des soins de qualité».
Désaccord sur la manière
Le directeur général du Regroupement provincial des comités des usagers (RPCU), Pierre Blain, a aussi été mis au courant de la démission en bloc au CHSLD Herron. Il estime toutefois que les points soulevés par le comité des usagers dans sa lettre de démission «ne sont pas de leur mandat prévu à l'article 212 de la loi».
«Je ne dis pas qu'ils ne peuvent pas avoir de préoccupations, mais il faudrait qu'ils puissent les faire valoir autrement», estime M. Blain.
Cette position surprend Me Jean-Pierre Ménard, avocat spécialisé dans la défense des droits des patients. «Je suis fortement étonné par la position du RPCU, qui ne semble pas correspondre aux dispositions de la loi sur les comités des usagers.»
L'article 212 de la Loi sur la santé et les services sociaux stipule notamment que les comités des usagers doivent promouvoir l'amélioration de la qualité des conditions de vie et défendre les droits et les intérêts collectifs des usagers.
«Il est extrêmement décevant et inquiétant que le RPCU n'appuie pas les comités des usagers dans la défense des droits des usagers. Cette position confine les comités d'usagers à un rôle de figurant», dénonce Me Ménard, qui défend lui-même plusieurs comités d'usagers dans le cadre de ses fonctions.

La pharmaceutique Valeant larguée par un actionnaire important

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Publié le 13 mars 2017 à 18h00 | Mis à jour à 18h00
La pharmaceutique Valeant a brièvement été la plus grande société... (Photo archives Associated Press)
La pharmaceutique Valeant a brièvement été la plus grande société canadienne au chapitre de la valeur boursière après avoir multiplié les acquisitions
PHOTO ARCHIVES ASSOCIATED PRESS
JULIEN ARSENAULT
La Presse Canadienne
Valeant Pharmaceuticals a été larguée lundi par l'un de ses plus importants actionnaires, Pershing Square Capital, qui profitera de cette transaction pour inscrire une importante perte fiscale.
Le fonds d'investissement dirigé par le milliardaire Bill Ackman a confirmé, lundi, après la fermeture des marchés, qu'il avait liquidé sa position dans la controversée pharmaceutique établie à Laval.
À la Bourse de New York, cette nouvelle faisait plonger le titre de Valeant de près de 10% dans les transactions d'après-séance.
La pharmaceutique a brièvement été la plus grande société canadienne au chapitre de la valeur boursière après avoir multiplié les acquisitions, mais sa réputation a été entachée en raison de nombreuses controverses, comme ses liens avec la société américaine de commandes postales pharmaceutiques Philidor.
Pour l'instant, M. Ackman ainsi que le vice-président de Pershing Square, Steve Fraidin, demeurent sur le conseil d'administration de Valeant, mais les deux hommes ne solliciteront pas de nouveau mandat dans le cadre de l'assemblée annuelle de l'entreprise, prévue le 2 mai.
Le fonds d'investissement, qui a déjà été le plus important actionnaire de Valeant, a réduit sa participation dans la pharmaceutique au fil du temps.
«Au prix actuel (de l'action de Valeant), l'investissement représentait entre 1,5 et 3% des différents fonds de Pershing Square, toutefois, cet investissement exigeait beaucoup de temps et de ressources», a fait valoir le fonds d'investissement dans un communiqué.
Pershing Square avait également été le partenaire de l'entreprise dans le cadre de sa prise de contrôle ratée d'Allergan - le fabricant du Botox.
Après leur arrivée au conseil d'administration de Valeant, l'an dernier, MM. Ackman et Fraidin ont notamment contribué à stabiliser l'entreprise en faisant le ménage au sein de la haute direction ainsi qu'au conseil, souligne Pershing Square.
Le fonds ajoute que les deux hommes ont joué un rôle dans la vente d'actifs jugés non essentiels afin que Valeant puisse récolter 2,7 milliards US. Le produit de ces transactions devait aider à rembourser une partie de la lourde dette de Valeant.
M. Ackman souligné le travail accompli par l'actuel président et chef de la direction, Joseph Papa, afin de redresser la barre et rétablir la réputation de l'entreprise.
En décembre, Pershing avait vendu 3,47 millions US d'actions de Valeant à des fins fiscales.
Il y a un peu plus d'un an, M. Ackman avait témoigné devant un comité sénatorial à propos de la stratégie d'affaires de Valeant qui consistait à hausser les prix des médicaments - parfois de 3000% - immédiatement après les avoir acquis.
Aux côtés de l'ex-grand patron de la pharmaceutique Michael Pearson, le milliardaire s'était engagé à assurer que Valeant mette en place les meilleures pratiques concernant l'établissement des prix des médicaments et maintienne son contrat social avec les patients et les médecins.